Dans le cadre de sa venue aux Sportel Awards, où il a reçu le Prix de la légende 2024, Nikola Karabatic a fait une halte au Club House de l’AS Monaco afin de rencontrer les jeunes licenciés de la section Handball.
L’ovation a duré de longues minutes. Nikola Karabatic, en visite au club-house de l’AS Monaco Omnisports, méritait bien un accueil chaleureux, digne d’une rock star. Bien que la légende du handball ait officiellement pris sa retraite après les Jeux olympiques de Paris 2024 -, sa carrière de 23 années au sommet de son sport continue de susciter admiration et respect. « Le voir en personne et partager un moment avec un tel champion fait toujours son petit effet », témoigne dans un sourire Eric Perodeau, en désignant l’assistance juvénile présente. Le président de l’ASM Handball n’est plus impressionné par la stature imposante de l’ancien arrière gauche français, élu meilleur joueur du monde en 2007, 2014 et 2016. Lors de leur première rencontre, ce dernier n’était qu’un enfant : « Je discutais avec Branko, son père, tandis qu’il nous courait autour sur le quai Antoine-Ier. Nous étions alors loin d’imaginer la trajectoire qu’il épouserait et le palmarès à rallonge qu’il se constituerait… »
L’explication de sa retraite
International français dès l’âge de 18 ans, « Niko » s’est affirmé comme le patron de la génération des Experts, décrochant à trois reprises la médaille d’or olympique ainsi que quatre titres de champion du monde et d’Europe. En club, il a fait briller Montpellier, Kiel, Barcelone et Paris avec trois sacres en Ligue des Champions (2003, 2007, 2015) et une kyrielle de titres nationaux (37 dans l’Hexagone, 10 en Allemagne, 8 en Espagne), ce qui lui confère le statut enviable de joueur le plus titré de l’histoire du handball mondial. Assis sur un canapé en cuir du club-house, Karabatic n’a pas énuméré tous ses succès – une intervention de 30 minutes aurait été insuffisante pour lister ses 74 trophées amassés. Il a néanmoins pris le temps de répondre aux questions des enfants. Sa passion pour le handball ? « Mon père était gardien de but et jouait pour l’ex-Yougoslavie. C’était mon héros, donc j’ai voulu l’imiter. Courir, défendre, marquer, cela m’a vite plu. » Sa retraite ? « Une décision que j’ai prise à l’été 2023. Je me suis dit que le premier match de la saison me confronterait à Frontignan, mon club formateur, et que le dernier pourrait potentiellement être aux JO. Un signe du destin. C’était le bon moment pour arrêter. J’ai eu la chance de vivre une carrière incroyable, j’ai atteint, et même dépassé, tous mes objectifs. »
Bref, mais inspirant
La palme de la question la plus pertinente a été attribuée à Daniel : « Quel conseil donneriez-vous à un jeune handballeur ? » L’ancien leader des Bleus a répondu à coup de phrases courtes et d’injonctions à l’épanouissement : « Amusez-vous sur le terrain. Soyez heureux quand vous gagnez, pleurez quand vous perdez. Partagez des émotions. Écoutez les entraîneurs et les arbitres. Apprenez et progressez avec votre potentiel. Surtout, jouez au handball sans avoir peur de l’échec. C’est en vous trompant que vous apprendrez. » Des paroles sages qui ont déclenché une nouvelle salve d’applaudissements, celle annonçant le moment des selfies et des autographes. « Il a signé mon maillot et mes chaussures », s’est réjouit Kerrian Piasco. « Et moi, j’ai pris une photo », a ajouté Léa Poulange. Une ultime acclamation pour remercier le champion et lui souhaiter bonne chance dans sa nouvelle vie. « Dans mon enfance, j’ai été inspiré par de grands sportifs. Je me suis surpassé et j’ai cru en mon rêve. Cela me tient à cœur d’assurer cette transmission et de susciter des vocations maintenant que je suis de l’autre côté », a-t-il dit à Code Sport Monaco avant de filer vers d’autres obligations. Karabatic, contraint par un emploi du temps millimétré, n’est resté qu’une trentaine de minutes. Qu’il se rassure : le souvenir d’un moment suspendu en compagnie du plus grand handballeur de l’histoire ne s’effacera pas de sitôt.
Jérémie Bernigole