La Fédération monégasque d’escrime a organisé son prestigieux Tournoi international d’épée les 10 et 11 janvier à l’Espace Saint-Antoine.
Son appareil photo à la main, Christophe Prat remplit ses obligations de président de la Fédération monégasque d’escrime (FME). Il accueille les convives, serre des pinces, souhaite la bonne année et s’enquiert du bon déroulement de l’évènement. Mais lorsque la moindre fenêtre s’ouvre à lui, il quitte temporairement son costume et dégaine son Canon pour assouvir sa passion pour la photographie. Ce week-end de début janvier, ce ne sont pas ses modèles favoris – des buffles, des lions ou des rhinocéros – qui se présentent sous son objectif, mais une centaine d’épéistes européens venus croiser le fer au Tournoi international de Monaco. « Cinquante-trois hommes et cent-quinze femmes, annonce précisément et fièrement Christophe Prat entre deux clichés. On dénombre dix nationalités différentes et une très grande participation française car notre épreuve féminine est qualificative pour le Championnat de France et les compétitions internationales. »
Les meilleures de la discipline étant retenues à Fujaïrah pour une étape de Coupe du monde, cette nouvelle édition offre une visibilité bienvenue aux habituelles outsiders et à la nouvelle génération. « Tout le monde a sa chance. Même si le niveau global a pu être plus élevé certaines années, on y trouve des athlètes de grande classe, notamment des anciennes championnes de France », confirme le président de la FME, ses mots renvoyant directement à Mélissa Goram (35 ans). Sacrée en 2017 sur la scène nationale, la très expérimentée Beauvaisienne – deux titres européens par équipes, plusieurs sélections en équipe de France – s’est baladée à Monaco, bien qu’elle ait dû attendre la mort subite pour venir à bout de la jeune Emma Lauvray en finale.
Tabuzo et Nikolaienko, chefs de file
Chez les hommes, c’est un autre joli CV qui s’est imposé. Dario Remondini, champion d’Europe et vice-champion du monde cadets en 2019, a remporté une finale 100 % transalpine contre Davide Tauro (19 ans). Ce dernier avait eu raison plus tôt dans la journée de Dylan Tabuzo. « Un tireur de grande taille et gaucher, tout ce que je redoutais, sourit le licencié de l’Escrime et le Pistolet de Monaco, éliminé en 32e de finale. Je suis venu pour l’expérience, et je n’ai pas été déçu. J’espère que cette performance me portera jusqu’au Championnat de France cette saison. » Vingt-troisième du classement, Dylan Tabuzo a signé le meilleur résultat du club chez les hommes et reçu un prix.
« C’est un jeune tireur très persévérant, qui a envie de progresser et qui s’améliore dans la gestion des émotions, félicite le maître d’armes Eric Fromager, qui n’oublie pas Mila Nikolaienko, 35e chez les femmes. Elle a réalisé une très belle performance, entachée malheureusement par une blessure durant son dernier match. » Et le maître d’armes de Monaco de souligner la « très bonne tenue » de l’ensemble de ses compétiteurs : Philippe Mergui (36e), Alexandre Arnoult (43e), le Monégasque Younes Essabri-Biancheri (46e quatre mois après ses débuts en escrime), Claudio Ferraris (46e), Paul Nicolaidis (50e) et la pentathlète Julia Dale (97e).
Jérémie Bernigole






























