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L'équipe de Monaco à la Coupe de S.A.S. le Prince Albert II.L’équipe de Monaco à la Coupe de S.A.S. le Prince Albert II.

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TIR A L’ARC – A la Coupe de S.A.S. le Prince Albert II, l’alliance des archers

Les 13 et 14 décembre, plus de 240 archers se sont affrontés lors de la 18e édition de la Coupe de S.A.S. le Prince Albert II.

Les 13 et 14 décembre, l’Espace Saint-Antoine de Fontvieille a vibré au rythme des flèches. Durant deux jours, la Première Compagnie de Tir à l’Arc de Monaco a accueilli plus de 240 participants venus de toute la région PACA, de Corse et d’Italie pour une compétition homologuée pour le championnat de France, World Archery Target et records. Entre concentration extrême et performances de haut niveau, plongée dans un événement devenu incontournable à Monaco. Dans le silence de la salle, seul le sifflement des flèches vient troubler la concentration des tireurs. Pendant plus de deux heures, chaque archer livre un combat silencieux contre lui-même, le regard rivé sur un blason distant de 18 mètres. Trois flèches toutes les trois minutes, par deux séries de trente, pour un total de soixante flèches.

Une organisation millimétrée

Derrière cette fluidité se cache un travail titanesque. Ludovic Russo, président du club de Monaco, ne cache pas sa satisfaction : « Ça se passe très bien. Il y a toujours quelques petits imprévus ici ou là, mais le plus important c’est que ça n’ait pas d’impact sur les archers. Il faut qu’ils restent concentrés, dans leur bulle, dans les meilleures conditions pour tirer au mieux. » La préparation de la compétition débute dès fin septembre. Autorisations, coordination avec le Gouvernement Princier, le Palais, le Conseil National, la Fédération Monégasque de Tir… tous les acteurs sont mobilisés. Les contraintes sont nombreuses pour une compétition homologuée World Archery : impossible de placer sur la même cible des archers d’armes différentes ou de mélanger hommes et femmes. « Si quelqu’un d’imprévu arrive pour remplacer un autre archer mais n’a pas la même catégorie ou la même arme, il faut tout réorganiser, déplacer tout le monde… C’est un peu de gymnastique », confie le président.

Des distinctions prestigieuses

La réputation de la Coupe de S.A.S. le Prince Albert II n’est plus à faire. « C’est une compétition très prisée, justement du fait de ses récompenses. Tous les participants reçoivent des coupes, pas seulement les premiers », explique Ludovic Russo. Pour cette 18e édition, c’est l’Arc Club de Nice qui remporte la Coupe du Prince chez les hommes, devant les Francs Archers de Nice puis Monaco. Chez les femmes, l’Arc Club de Nice arrive également à la première place, suivi de Cannes Mandelieu puis des Francs Archers de Nice. Le label World Archery fait aussi toute la différence. « C’est le seul endroit de la région où une compétition Target World Archery est organisée », précise le président. Les scores permettent aux archers d’obtenir des distinctions internationales, véritables badges d’honneur qu’ils arborent sur leurs carquois.

Un combat contre soi-même

Jérôme Allasia, 51 ans, membre du club de Monaco, l’affirme : « J’aime le fait que je me bats contre moi-même. C’est très individuel comme sport : si la flèche est mauvaise, ce n’est pas la faute des autres. C’est très mental et physique aussi. Chaque flèche est une remise en question. » Tireur en arc à poulies, il a commencé en 2016 pour accompagner sa fille, avant que toute la famille ne se prenne au jeu. La différence avec l’arc classique ? « L’arc à poulies est plus puissant, plus précis grâce au viseur avec loupe. Tous les archers sont donc beaucoup plus précis, ce qui rend la compétition plus exigeante », explique-t-il. À 41 ans, Juliana Ventura incarne la véritable passion de ce sport. Troisième de sa catégorie S2 avec 523 points à mi-compétition, elle explose déjà tous ses records : « J’ai seulement deux ans et demi de pratique. Mais ça montre que le travail paie : je m’entraîne tous les jours, quand je ne travaille pas, c’est mon activité principale. » Son engagement est total : entraînements au club trois fois par semaine, sorties au terrain de Beausoleil, et même un pas de tir installé chez elle. « La discipline est très technique : elle demande force, gainage, stabilité, concentration… Même si c’est un sport statique, c’est très complet et exigeant », explique-t-elle. Elle a même fait appel à une préparatrice mentale pour rester concentrée face à des concurrentes comptant parfois 30 ans d’expérience.

L’inclusion au cœur du projet

Pascal Florineda, 54 ans, représente une autre facette de cette compétition : l’inclusion des archers en situation de handicap. Tireur en fauteuil du club de Sanary, il participe à sa 2e édition monégasque. « J’ai découvert le tir à l’arc après un accident de moto il y a 17 ans, et je pratique officiellement depuis deux ans. Ce sport m’a plu car il demande de la concentration et peu de déplacements, c’était donc un bon compromis. » Ses progrès sont spectaculaires : « Au début, je faisais 380-400 points, hier j’ai fait 481. Mon objectif est d’atteindre les 500 points. » Il ajoute avec philosophie : « Chaque flèche est indépendante : une mauvaise flèche n’affecte pas la suivante. On repart de zéro. » Pour Ludovic Russo, cette dimension est essentielle : « Cette année, nous avons des archers en chaise et des archers malvoyants. Pour nous, l’inclusion est très importante, et c’est un vrai point fort pour le club et pour Monaco. » Au-delà de la performance, c’est l’état d’esprit qui marque cette compétition. « L’ambiance est familiale : tous se tutoient, se connaissent, s’entraident. L’archerie est vraiment une grande famille », souligne Ludovic Russo. Des poussins de 10 ans aux seniors de 80 ans, ils partagent tous la même passion. Juliana Ventura le confirme : « C’est un vrai bonheur de pratiquer : on s’éclate, on passe du bon temps, on se motive entre copains. J’invite tout le monde à tester le tir à l’arc : ça fait du bien au corps et à la tête. On est dans l’instant présent et c’est très satisfaisant. » Le président conclut par un hommage : « Un grand merci à tous nos bénévoles. Sans eux, rien ne serait possible. Quand les archers repartent satisfaits, nous sommes les plus heureux. »

Anaïs Riu

Publié le 15 Déc. 10:49

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