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Skating Club of Monaco : la glisse à la fête

Le 26 février dernier, la grande famille de la glisse était réunie à la patinoire le temps du championnat de Monaco, organisé par la Fédération monégasque de patinage, et du gala de fin de saison du Skating Club of Monaco. Une célébration à la saveur particulière, après une année blanche liée à la pandémie.

L’heure et les cœurs étaient à la fête du côté du port Hercule, le bonheur d’être tous ensemble palpable. Il faut dire que la dernière fois que la famille du patinage monégasque avait été réunie pour sa grande célébration annuelle, c’était en février 2020, quelques jours seulement avant le premier confinement. Et si cette année, elle semble marquer un renouveau de la normalité, entre-temps, deux ans se sont écoulés.

La pandémie de Covid-19 qui a touché le monde entier n’a pas manqué d’impacter aussi le Skating Club of Monaco (SCOM) et ses licenciés. Heureusement, après une saison blanche en 2020-2021, tout ce petit monde a vite rechaussé les patins dès l’ouverture de la patinoire éphémère du Stade nautique Rainier-III début décembre 2021, pour une reprise sur les chapeaux de roue.

Et avec toujours environ 200 membres répartis sur ses trois sections – patinage, curling et hockey -, on peut dire que le club se porte plutôt bien. « On ne chute pas, à part sur la glace », plaisante Franck Nicolas, le président du SCOM.

Garder le lien

De chute, il n’en était pas question ce matin-là pour les jeunes patineurs venus valider leur niveau lors du championnat de Monaco, organisé par la Fédération monégasque de patinage. Cette dernière, présidée aujourd’hui par Gérard Ravera, célèbre cette année le 20e anniversaire de sa création par Edmond Pizzi. Ce dernier aurait sans aucun doute été fier de voir ces jeunes pousses s’améliorer à chaque exercice. D’autant que malgré le très long hiatus, les progrès ont été substantiels, et tous ont validé leur niveau, voire même deux sur cette courte période.

« Je pense qu’ils ont tous été très motivés de reprendre après une saison blanche. Ils sont tous venus régulièrement pendant ces deux mois et demi et on a trouvé que les enfants avaient énormément progressé. La plupart patinent aussi beaucoup en séance publique, cela leur a fait du bien. Ils étaient très présents, on a eu beaucoup de monde », confirme, satisfait, leur entraîneur Baptiste Porquet.

Il faut dire qu’avec environ 120 patineurs, le compte y est, que ce soit du côté des plus jeunes – dont les plus petits n’ont pas encore cinq ans – comme des plus grands. « Parfois on pense les perdre la saison d’après, mais ils sont tous revenus », précise le coach, que l’on retrouvait à la fin du gala sur les thèmes du Masque de Zorro et Carmen, à l’heure des aurevoirs.

Car si quelques-uns de ses protégés continueront à patiner à Nice, la plupart ne retrouveront leurs coaches qu’en décembre prochain… ou peut être avant car ces derniers ambitionnent de mettre en place un suivi le reste de l’année avec « travail au sol, sur les rotations et la chorégraphie, la préparation physique. C’est surtout pour garder un lien avec le club, que les enfants nous voient régulièrement. Déjà pour les plus grands et, si cela fonctionne bien, pour les plus jeunes », annonce Baptiste Porquet.

Surfer sur la vague olympique

Garder le lien, un des points essentiels du SCOM aujourd’hui. « Nous avons essayé d’être un peu audacieux avec, dans un premier temps, une communication quasi-permanente avec les parents. En faisant un compte à rebours avant la reprise des cours par exemple. On s’est aussi servi des changements de la réglementation Covid pour, nous aussi, évoluer et nous permettre de communiquer », raconte Franck Nicolas, le dynamique président du SCOM.

A cela s’est aussi ajouté l’effet Jeux Olympiques qui a mis en avant les disciplines d’hiver. « En curling, au début (en 2019), nous avions entre 8 et 10 personnes qui venaient essayer. Cette année, nous en avons eu entre 70 et 80″, annonce fièrement le président, très heureux du bilan de sa jeune section et des perspectives à venir. « Je peux l’annoncer parce que j’ai eu l’accord. On est en train de voir pour créer en Principauté deux pistes de curling permanentes. De plus, le Souverain a accepté qu’on lance le Challenge Prince Albert II, avec son haut patronage. Il s’est engagé lui-même à avoir une équipe et à venir régulièrement jouer pour peu qu’on lui donne bien en avance les dates des matches », annonce celui que tout le monde surnomme Frankie.

Lequel nourrit de grands espoirs pour cette discipline et l’ambition d’envoyer des représentants monégasques sur des compétitions internationales et, pourquoi pas un jour, aux Jeux Olympiques d’hiver. « C’est certainement la discipline qui peut générer des équipes pouvant représenter Monaco, notamment des féminines. Évidemment, le Souverain étant très attaché à la parité, on donne de l’élan aux femmes. L’idée, c’est vraiment d’en faire le fer de lance de cette section », avance le président du SCOM.

En attendant ces pistes permanentes, qui permettront aux curleurs de s’entraîner à l’année et de pouvoir rêver au plus haut niveau, le club a encore franchi un cap cette saison pour améliorer sa piste éphémère. « On passe trois instruments différents. D’abord le ‘scraper’, ou raclette, pour enlever toutes les granulités. On a aussi loué une machine à la Fédération Française des Sports de Glisse, spécifique pour le curling, pour lisser la glace complètement. Et après on passe le ‘pebble’ pour avoir une piste qui glisse suffisamment pour se faire plaisir », souligne Bruno Catelin, en charge de la section, qui a démarché les clubs de Monaco et des environs pour faire découvrir la discipline.

« On est passé un cran au-dessus, on est monté jusqu’à dix-huit participants sur une seule séance avec la venue de l’équipe monégasque de rugby », précise le coach qui compte aujourd’hui une dizaine de membres réguliers. Un beau score quand on compare avec le voisin niçois qui en a lui quatorze. Et la dynamique n’est pas près de s’arrêter. Outre le Challenge Prince Albert II, dédié aux entreprises et aux collectivités, qui devrait ramener encore du monde, le responsable de section a emmené fin mars une équipe officielle de Monaco à leur tout premier tournoi international, fin mars, à Viry-Châtillon en région parisienne.

« Pourquoi pas nous ? »

Cette belle dynamique, on la retrouve aussi du côté de la section hockey de Fabien Bonilla. « Cela nous a beaucoup manqué l’an dernier. Il n’a pas tout fallu reconstruire mais presque, ne serait-ce que pour la partie enfants, puisqu’ils avaient grandi. L’interrogation, c’était de savoir s’ils allaient revenir. Ils sont revenus. Les petits du samedi matin étaient un peu moins petits mais restaient des enfants, et les adolescents du mercredi soir passeront chez les adultes l’an prochain pour le coup. Ils étaient encore là, encore fanatiques de hockey, avec toujours cette envie de chausser les patins, d’attraper la crosse et le palet », relate le responsable de section avec fierté.

D’autant que son effectif est composé à égalité de filles que de garçons. « Elles adorent ça et veulent monter une équipe de roller hockey », souligne le coach, pour qui la notion de plaisir est essentielle. Et ce aussi bien chez les jeunes que les moins jeunes. Car en plus de la douzaine d’enfants et des adolescents, les Barracudas comptent une trentaine de hockeyeurs adultes dans leurs rangs. « Le niveau est de plus en plus élevé. Nous avons des joueurs qui ont entendu parler de cette équipe de Monaco qui se montent pendant deux mois mais qui permet aussi de faire des tournois en dehors de cette période. D’anciens joueurs, notamment de 3e division, viennent ou m’appellent », explique le responsable de la section.

Sur la glace ce samedi-là, en préambule du gala des patineurs du SCOM, les Barracudas ont d’ailleurs « croqué » la toute jeune formation L’Avalanche d’Auron en match amical (9-2). Une fin de saison en apothéose. Fabien Bonilla imagine les choses en grand pour cette équipe. « On voit les super résultats du bobsleigh aux JO alors que c’est un sport atypique pour la Principauté. Le hockey sur glace et le curling sont aussi des sports atypiques. Il n’y a pas de raison qu’on ne se développe pas. Aux États-Unis, le Texas, qui n’est pourtant pas une terre de hockey, a une équipe en NHL. Pourquoi pas nous ? Avec une patinoire à l’année, on pourrait monter très haut et pourquoi pas rêver du championnat européen, etc. Ce serait très facile, c’est une question de volonté. »

Et ce qui est sûr, c’est que de la volonté, au SCOM, on n’en manque pas.

La surprise Brian Joubert

Le gala du SCOM n’en finit pas d’attirer les stars. Après Philippe Candeloro, vice-président du club, en 2019, puis les tout nouveaux champions olympiques Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron, c’est Brian Joubert qui a fait vibrer la glace cette année. « Le but n’est pas d’attirer des vedettes. Nous pourrions faire venir par amitié tous les gens qui sont dans le patinage. Ce qui nous intéresse, c’est qu’ils viennent parce qu’ils veulent donner une impulsion au projet monégasque auquel ils croient eux aussi », précise Franck Nicolas.

Avec le champion du monde 2007, le SCOM peut compter sur un nouveau soutien de taille. Aujourd’hui entraîneur, Brian Joubert possède son propre club à Poitiers, où s’entraîne désormais la jeune Amandine Cellard, membre du SCOM. « Je suis venu soutenir mon élève qui est présente pour son championnat national », explique d’ailleurs le coach qui « espère revenir régulièrement, et contribuer un petit peu à l’évolution du patinage à Monaco. On peut envisager des interventions afin d’apporter mon savoir ou travailler avec la fédération pour qu’elle prenne de plus en plus d’importance… »

En attendant, après avoir observé la jeune garde monégasque le matin, il a déjà donné sa première master class aux élèves du groupe compétition, en préambule du gala de l’après-midi. « Pour des patineurs qui pratiquent deux mois et demi par saison sur une patinoire éphémère, je trouve que leur niveau est plus que respectable. Et ça fait plaisir à voir. Ces jeunes pourraient décrocher chaque année et finalement ils reviennent avec la même motivation et ils se donnent à fond sur la compétition, je trouve cela fabuleux », souligne le champion qui a profité du gala pour offrir au public une démonstration tout en promettant de revenir l’an prochain « mieux entraîné, avec des doubles et des triples sauts ». Le rendez-vous est pris.

Aurore TEODORO

Publié le 03 Mar. 09:47