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Le Japon a balayé tous les adversaires du Tournoi international de judo par équipes - Trophée Gérard-Bertrand.Le Japon a balayé tous les adversaires du Tournoi international de judo par équipes – Trophée Gérard-Bertrand.

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JUDO – Le Japon, pays du soleil triomphant au Tournoi international par équipes

Absents en 2024, les Japonais ont remis la main sur le Tournoi international de Monaco par équipes – Trophée Gérard-Bertrand, le 7 décembre. Et de fort belle manière, en écrasant en finale l’autre favori ukrainien qui lui avait ravi le titre.

L’édition 2024 du Tournoi international de judo de Monaco par équipes – Trophée Gérard-Bertrand (TIJM) fut spéciale à plus d’un titre. Un sentiment joyeux avait enveloppé la compétition en raison des anniversaires concomitant de la Fédération monégasque de judo (FMJ, 50 ans) et du Judo Club de Monaco (JCM, 75 ans). Mais il avait manqué quelque chose. Même le sacre de l’Ukraine au bout de plusieurs essais infructueux n’avait pas atténué le vide laissé par le Japon.

Retenu par le Grand Slam de Tokyo organisé aux mêmes dates cette année-là, le pays du Soleil levant avait, la mort dans l’âme, fait l’impasse sur cette compétition très réputée dont elle était la double tenante du titre. « Les planètes n’étaient pas alignées », avait alors regretté Marcel Pietri, le directeur du tournoi. Alignées, les planètes l’étaient à nouveau pour cette 30e édition du TIJM.

Parmi les 12 équipes en lice le 7 décembre dernier, figurait une équipe nippone, le Nittai Judo Club, dont le niveau a émerveillé le public de la salle Gaston-Médecin. « Nul besoin d’être connaisseur pour constater que les judokas japonais ont un truc en plus, estimait François Bick, le co-entraîneur de Monaco avec Loïc Pietri. Leur style est magnifique. Les gestes sont purs, exécutés avec précision et rapidité. C’est très très fort. »

Koga, héritage familial

Vainqueur implacable de la 30e édition du Trophée Gérard-Bertrand, le Nittai JC, situé à Tokyo, est affilié à la prestigieuse Université des Sciences du Sport de Nippon (Nittaidai). N’étant pas spécifiquement réservée aux étudiants, son équipe peut aligner des combattants de très haut niveau, comme à Monaco où elle était notamment représentée par Kenshi Harada et Ken Oyoshi, des judokas d’élite ayant respectivement gagné le Grand Slam de Paris (2021) et d’Oulan Bator (2023). Dans les rangs nippons, un nom retenait particulièrement l’attention : Koga. Hayato, l’entraîneur, et son frère Genki, engagé en -60 kg, sont les fils du champion olympique Toshihiko.

Disparu en 2021 des suites d’un cancer, le triple champion du monde (-71 kg puis -78 kg) a marqué l’histoire de son pays, et ses enfants marchent sur ses traces. L’histoire retiendra qu’ils ont terrassé en finale l’Ukraine, championne en titre, sur le score sans appel de 7 à 0. « Le niveau était assez relevé, certaines confrontations étaient très serrées et se sont jouées sur des détails, analysait modestement Hayato Koga. Nous n’avions pas prévu de gagner aussi largement en finale, nous avons pris les combats les uns après les autres en essayant de rester concentrés. Bien sûr, nous ne pouvions pas rêver mieux que ce parcours parfait ! »

Et l’entraîneur nippon de saluer « la super organisation » et l’ambiance « géniale » de ce tournoi devenu une référence à l’international, de par la qualité de son plateau et sa formule « à l’ancienne ». « Alors que les compétitions par équipes se disputent généralement à cinq combattants, nous avons fait le choix à Monaco de conserver le format traditionnel en réunissant les 7 catégories de poids* », expliquait Jean-Pierre Siccardi, président du JCM et vice-président de la FMJ.

Absences préjudiciables

Le podium de la 30e édition était complété par la redoutable équipe du JC Venelles. Après avoir bousculé le Japon en phase de poules, le pensionnaire de Judo Pro League, le circuit professionnel français, a remporté la petite finale face à Grand Avignon-Vaucluse (2-5). S’ils n’avaient pas éprouvé autant de difficultés à constituer leur équipe, les judokas de la Principauté auraient pu avoir leur mot à dire. Alors que les organisateurs du TIJM avaient depuis longtemps coché la date du 7 décembre, ces derniers ont été ravis d’apprendre (c’est ironique) que les Championnats de France première division se tiendraient finalement la semaine suivante.

Ce coup du sort a poussé François Bick et Loïc Pietri à laisser au repos deux de leurs têtes d’affiche, le médaillé aux derniers Jeux des petits Etats d’Europe Marc-Elie Gnamien et le champion de France junior Aleksa Mitrovic, et à convoquer Bastien Mayet, 46 ans, dont la dernière participation au TIJM remontait à 2015, qui a fait parler son expérience sur les tapis. Pour Monaco, placé dans le groupe du Japon et de Venelles, les espoirs d’avancer dans le dernier carré se sont rapidement évaporés, et ce en dépit d’un succès éclatant contre les Italiens en ouverture du tournoi (6-1, 6 ippons).

Pour ne rien arranger, des petits bobos se sont accumulés tout au long de la matinée : cuisse pour Marvin Gadeau, bras pour David Buliga, genou pour Lucas Giovannelli. « Les gars se sont accrochés dans la difficulté et ont tous fait de supers combats. Nous avons perdu avec les honneurs », constatait François Bick, fier de son escouade. Laquelle a déjà pris date… à condition que les Japonais soient dans un mauvais jour. Ce qui, on le convient, n’est pas gagné.

Jérémie Bernigole

* -60 kg, -66 kg, -73 kg, -81 kg, -90 kg, -100 kg, +100 kg.

Quatre dates en trente éditions

Entraîneur du judo monégasque pendant près de 40 ans, aujourd’hui conseiller des présidents, Marcel Pietri ouvre la boîte à souvenirs du TIJM cher à Gérard Bertrand.

1995 : La venue de David Douillet

« Le TIJM en était à sa cinquième édition et Gérard Bertrand, président de la FMJ, trouvait qu’il manquait du public. Lui vint une idée lumineuse : contacter David Douillet, figure majeure du judo. Aujourd’hui, cela reviendrait à inviter Teddy Riner ! Le Français, gentil comme tout, avait accepté de diriger un entraînement de masse à l’issue de la compétition. On a alors vu débarquer à la salle Gaston-Médecin des centaines de gamins de la région. Les tribunes étaient combles pour la finale ! »

1996 : Et pourquoi pas un Championnat d’Europe ?

« La présence de David Douillet l’année précédente avait permis d’asseoir notre tournoi au niveau national français. En 1996, l’Union européenne de judo (eju) nous a sollicité pour organiser le Championnat d’Europe juniors masculin et féminin. Pour nous, c’était l’occasion parfaite de faire comprendre que Monaco n’était pas situé en France mais était bien un pays capable d’organiser une compétition d’envergure internationale. Nous avons accueilli pendant quatre jours plus de cinquante nations et 300 judokas, dont des futurs champions du monde, médaillés olympiques, continentaux… »

2002 : Toc, toc, c’est le monde…

« Quatre ans après les Europe juniors, ce fut au tour des dirigeants de la Fédération internationale (IJF) de venir frapper à notre porte avec la proposition d’un nouveau projet : nous confier l’organisation du Judo Monte-Carlo Grand Prix mettant aux prises les quatre meilleures équipes du monde : la Russie, le Japon, la Géorgie et la France. Le tout, chapeauté par le grand patron de l’institution (Yong-Sung Park). Une belle marque de confiance envers la FMJ et ses capacités d’organisation, et un succès total sur le plan de l’affluence et du spectacle ! »

2023 : Monaco frôle l’exploit

« Les Japonais ont débarqué à Gaston-Médecin avec la ferme intention de conserver leur titre, acquis l’année passée. Il faut dire qu’ils avaient été impressionnants de réalisme en finale contre l’Ukraine (4-1). Ils arrivaient donc à Monaco avec l’étiquette d’ultra favoris, et ça a failli leur jouer un vilain tour… contre nous ! Les Nippons pensaient qu’ils avaient gagné le match avant de l’avoir disputé, et s’ils l’ont effectivement remporté, ce n’était que d’un souffle (4-3). On est passé à rien de battre les futurs doubles tenants. »

Propos recueillis par Jérémie Bernigole

Publié le 08 Déc. 11:03

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