A chaque numéro, Code Sport Monaco vous propose de découvrir les personnalités sportives de la Principauté sous un autre angle. Ferxel Fourgon, la voix du sport monégasque, s’est prêté à l’exercice du « Qui es-tu ? »
■ Ton premier sport ?
Le basket. Mon père, un ancien pilote retraité de l’armée, jouait au Standard de Liège (Belgique). Il m’a fait découvrir ce sport quand j’étais enfant. J’ai fait mes premiers entraînements à 6 ans avec un coach qui est encore là aujourd’hui, Robert Parent, sur le terre-plein de Fontvieille totalement vide, avec juste une salle, une piscine et un bungalow en face, où l’on allait voir la maquette du futur quartier.
■ Ton niveau ?
J’ai évolué jusqu’en Excellence région. Je jouais poste n°2 (arrière). Mon shoot ? Pas mal. (Sourire) J’avais une belle adresse à 3 points, j’ai gardé quelques restes. Ce qui m’aide le plus aujourd’hui dans ma vie de speaker, c’est d’avoir arbitré jusqu’en Nationale 2. A 21 ans, je devais faire les stages de haut niveau, mais un cancer m’a arrêté net.
■ Ce que tu aimes le plus dans cette discipline ?
La dimension collective. J’ai aussi pratiqué le tennis, mais ce qui me plaisait le plus, c’était les entraînements du samedi matin avec les copains, où l’on jouait en double, en équipe.
■ Tes autres disciplines préférées ?
J’aime beaucoup le sport automobile. Je n’en ai jamais fait mais, natif de Monaco, j’ai grandi dans cet univers. Je regardais les Grands Prix avec mon père. Je suis passé de vendeur de programmes à contrôleur, puis commissaire de piste pendant dix ans, jusqu’à être happé par la commission du protocole et en recevoir la présidence il y a deux ans. Depuis le 12 décembre, je fais également partie du World Motor Sport Council de la Fédération internationale de l’automobile (FIA).
■ Ton meilleur souvenir ?
La première qualification de la Roca Team au Final Four de l’Euroligue (saison 2022-23) et ce fameux match 5 gagné contre le Maccabi Tel-Aviv à Gaston-Médecin où tout le monde termine en pleurs. Hors sport, je mentionnerai le 20e anniversaire du règne du Prince Albert II. Je me dis que j’ai été acteur de l’histoire de mon pays. En toute humilité, je reste très fier d’avoir pu rendre service. C’est mon leitmotiv. J’ai toujours été guidé par le fait de faire fructifier ses talents, comme il est écrit dans la Bible, en les mettant au service des autres.
■ Et le pire ?
Je ne vais pas être original en parlant d’une défaite, celle de la finale du Championnat de France 2018, quand Paul Lacombe rate son double-pas contre Le Mans. Le ballon roule autour du cercle et sort, l’équipe adverse célèbre le titre sur ton terrain… Toi, t’es là, sur le parquet, à dire 2-3 mots aux supporters, à les remercier, eux et les joueurs qui souffrent autant. Pfff…
■ L’athlète qui t’a inspiré ?
Michael Jordan est le joueur avec lequel ma génération a grandi, celle qui se levait la nuit pour suivre les finales NBA en direct, qui regardait en boucle les VHS des meilleures actions de Jordan. Je n’ai jamais vu un joueur aussi élégant que lui, il avait une grâce incroyable. Ses mouvements n’existent plus aujourd’hui. C’est quand même fou, après tant d’années, de s’extasier encore devant des vidéos de lui.
■ Ta foi ?
Mes parents étaient croyants, mais pas plus pratiquants que ça. Moi, j’ai été baptisé à 8 ans. Ma foi s’est construite au fil des rencontres. J’ai servi la messe à Saint-Charles, été animateur au FAR (Foi, Action, Rayonnement)… J’ai fait un DEUG de théologie en même temps que je travaillais comme DJ au Jimmy’z, où la cabine était surnommée « Le confessionnal », puis on m’a proposé d’enseigner. C’est compliqué d’expliquer pourquoi on a la foi. Pour moi, c’est une grâce. Quand tu frôles la mort jeune, tu respectes la vie et tu te dis qu’il y a des choses bien plus grandes que toi. La foi te permet d’être fort, de supporter les épreuves. Mais il ne faut jamais l’imposer à qui que ce soit. Un jour, un prêtre m’a dit : « Tu peux évangéliser tous les tiroirs de ta vie. » L’idée, c’est d’y aller avec le sourire, d’être positif, d’écouter les gens. Et de rester à sa place.
■ Ta voix ?
Merci papa, maman et Seigneur ! J’ai une voix grave, que je ne travaille pas spécialement, mais j’en prends soin. J’évite de trop forcer quand les évènements s’enchaînent, d’être plus profond, je travaille le souffle… Heureusement, je n’ai jamais connu d’extinction.
■ Ton rôle de speaker ?
Le club était en Nationale 1 lorsque les dirigeants de la Roca Team de l’époque sont venus nous chercher, Manu Silvestri et moi. Depuis, on a dû animer environ 500 matches. On a grandi avec l’équipe. Avant, on rêvait d’accueillir le Real Madrid. Aujourd’hui, c’est presque une routine ! Je vis toujours mon activité de speaker avec émerveillement… et la même timidité. Si je transpire du front, en général, c’est que je stresse ! Je me demande toujours si je vais dire les bonnes choses, ça dure deux ou trois phrases et après, je suis lancé !
■ Ton « and now » ?
Je me suis inspiré du speaker des Chicago Bulls des années 80-90. Quand tu entendais « And now », tu sentais que c’était LE moment, celui où il allait annoncer l’équipe. Aujourd’hui encore, ça fait toujours son petit effet. C’est marrant parce que je me revois, ado, devant mon miroir, en train d’imiter la voix off des bandes-annonces de films ou de la série « Les rues de San Francisco ». (Il prend une voix grave) « Starring Sylvester Stallone ». Plus tard, j’ai admiré des animateurs comme Marc Maury ou Maurizio Di Maggio (RMC).
■ Le métier que tu rêverais d’exercer ?
Pilote d’avion, comme mon père et mon demi-frère, qui travaille pour Luxair. Ça m’aurait beaucoup plu. Avant qu’il ne décède il y a une vingtaine d’années, j’ai dit à mon père que je passerai le brevet de pilote, donc je m’y attellerai.
■ L’anecdote sportive que tu n’as jamais révélée ?
J’ai été l’un des ramasseurs de balle de la Dream Team quand elle est venue à Monaco préparer les JO de Barcelone en 1992 ! Je me souviens avoir fourni Pat Ewing en ballons alors qu’il s’entraînait au poste 5 pendant une demi-heure. On avait pu assister au fameux match d’entraînement, raconté par Jordan dans The Last Dance. Les mecs parlaient fort, se trash-talkaient. C’était vivant ! (Rire) Pour couronner le tout, l’équipe avait accepté de disputer un petit match de 10 minutes contre nous en guise de remerciements. Ils avaient ensuite passé du temps à faire des photos et signer des autographes.
Propos recueillis par Jérémie Bernigole






























