Pays hôte de la troisième édition de la Coupe de la Confédération méditerranéenne (23-25 octobre), Monaco s’est imposée en finale contre les favoris français au terme d’un match électrique (15-14). La Principauté figure pour la première fois au palmarès de la compétition.
Troisième en 2024, finaliste en 2025, sacrée en 2026. Une progression linéaire pour la sélection monégasque U15 de water-polo, qui a remporté pour la première fois de son histoire la Coupe de la Confédération méditerranéenne (COMEN), le 25 octobre au Centre nautique Prince Albert II. Les joueurs de Manuel Laversanne se sont imposés en finale contre la France (15-14) grâce à un dernier but de Valentin Dervieux, MVP du tournoi, dans les dernières secondes. « C’est un résultat formidable, se félicite Sébastien Dervieux, le responsable de la section water-polo au sein de l’AS Monaco Natation. Au vu de l’adversité, notre sacre était loin d’être évident, mais nos joueurs ont montré qu’ils avaient du répondant. La victoire est d’autant plus belle qu’elle est acquise face à une grande équipe. » Après avoir balayé Chypre (18-7) et écarté Malte (12-7) dans une adversité plus relevée, les Monégasques se sont attaqués au gros morceau de la compétition, comme l’explique le dirigeant de l’ASM : « L’équipe de France a de sérieux atouts sur le papier. Plusieurs de leurs joueurs proviennent de l’INSEP, où il s’entraînent toute l’année ensemble et plusieurs fois par jour. La France est venue avec une très belle délégation dans l’intention de gagner. »
Représentée par les joueurs de l’ASM Natation éligibles à une sélection*, Monaco est mal entrée dans sa finale. À l’issue de la deuxième période, le score était de 11 à 6 en faveur des Français, dont la célébration des deux premiers buts, assez provocatrice, n’a pas plu au public monégasque. « On s’est fait malmener, certainement un mélange de fatigue et d’émotions de jouer à la maison avec l’hymne joué avant chaque rencontre, reprend Sébastien Dervieux. Nos leaders ont pris deux fautes personnelles très rapidement, nous obligeant à faire tourner pour éviter de les perdre définitivement pour le reste de la rencontre. Mais Manu est resté très calme. Il a partagé sa sérénité et a remobilisé l’équipe. » Manu, c’est Manuel Laversanne, l’entraîneur monégasque. Un sorcier ou un magicien, c’est selon. En procédant à un repositionnement stratégique et tactique comme lui seul en a le secret, il a débloqué la situation. L’écart s’est réduit à 3 buts en fin de troisième période. La mission restait toutefois périlleuse face à l’une des meilleures nations du monde, dont la sélection U15 est composée de joueurs évoluant en Élite ou en N1. A Monaco, trois des 14 sélectionnés jouent en Élite, le reste en U16…
Valentin Dervieux MVP
Toujours est-il que les Monégasques, piqués à vif, ont attaqué tambour battant la dernière période, ont égalisé et ont fini par faire plier les Français dans leur forteresse de Louis-II. « On a vécu tous les scénarios de match possibles et inimaginables ces dernières années en club, on a l’expérience des situations mal embarquées. Nos joueurs savent que tout reste possible jusqu’à la fin, quel que soit le déroulement du match, y compris les décisions arbitrales compliquées. Les Monégasques n’aiment pas perdre, et ça s’est encore vu ce week-end », applaudit Sébastien Dervieux, qui tient à remercier le président et la vice-présidente de la FMN, le Prince Albert II et Madame Yvette Lambin-Berti, pour « leur soutien inconditionnel » et la confiance accordée.
Auteur de quatre buts en finale dont celui de la victoire à 40 secondes du terme, Valentin Dervieux a été logiquement et unanimement élu meilleur joueur de la compétition par les entraîneurs des trois autres pays et les arbitres : « Il a marqué 12 buts en 3 matches. Je l’ai trouvé libéré. C’est un joueur qui a toujours eu beaucoup de pression sur ses épaules. Ça lui tient à coeur de montrer son attachement à la Principauté. Valentin a été décisif dans le tournoi, comme l’a également été le capitaine, Andrew Lanteri-Minet, ainsi que l’ensemble de l’équipe. » Une équipe qui écrit l’histoire du water-polo monégasque, sacré pour la première fois dans cette Coupe de la COMEN. « Ce n’était pas forcément notre objectif de départ, mais nous sommes très fiers de cette réussite. C’était plaisant de voir les tribunes garnies et la communion au moment des hymnes d’avant-match. C’est de bon augure pour la suite. » Si les joueurs ont pu savourer leur exploit, Manuel Laversanne a rapidement rétabli les priorités : « Il leur a dit qu’ils seraient encore plus attendus par leurs adversaires. Quand un petit pays comme Monaco, représenté par des joueurs de l’ASM, bat une grande nation du water-polo, on ne peut pas se satisfaire d’un autre résultat qu’un titre en Championnat de France. C’est une pression supplémentaire. »
J.B.
*Les conditions d’éligibilité à la Coupe de la COMEN sont les mêmes qu’aux JPEE : résider à Monaco ou dans les communes limitrophes et justifier d’au moins 3 saisons d’antériorité au sein d’une association ou d’une fédération sportive monégasque.






























