Aux championnats du monde d’aviron de mer, disputés cette année en Chine, quatre rameurs de la Société nautique de Monaco et leur barreur ont décroché l’argent le 13 octobre dernier. De son côté, Gaia Chiavini, également licenciée à la SNM, repart avec une quatrième place pleine de promesses en solo féminin.
Meilleur club “français” d’aviron de mer depuis 2023, la Société nautique de Monaco (SNM) n’est pas en reste dans les compétitions internationales, en témoigne son palmarès aux derniers championnats du monde de la spécialité disputés à Qingdao du 11 au 13 octobre. Si Gaia Chiavini a terminé quatrième du solo féminin, le quatre de couple barré monégasque, composé de Quentin Antognelli (vice-champion du monde 2017), Ludovic Dubuis, Paul Mosser et Guillaume Blanc, et barré par Thomas Aubel, a décroché une belle médaille d’argent. “C’est vraiment dans les 200 derniers mètres qu’on a vu les planètes s’aligner”, raconte Quentin Antognelli, déjà champion du monde du double avec Giuseppe Alberti en 2016 et vice-champion 2017 avec Mathieu Monfort.
Plus forts que la Chine
Les constellations n’ont pas été les seules responsables de cette nouvelle médaille aux Mondiaux d’aviron de mer. Les quatre rameurs et leur barreur peuvent se targuer d’avoir défendu corps et âme cette breloque : “On partait de la plage et on avait à peu près 2 000 mètres avec le vent et les vagues de face. Le bateau sautait dans tous les sens, il fallait bien s’accrocher à ses avirons et faire attention à ne pas faire trop de fautes.” Finalement, c’est sur ce segment que l’équipage monégasque a su faire la différence et s’installer à la deuxième place. Derrière, “on passe tout le reste de la course à défendre cette position, car les autres bateaux n’étaient pas très loin et nous chassaient très fort. C’est un jeu stratégique, et là, c’est tout le rôle du barreur, qui a beaucoup d’expérience avec nous”, poursuit Quentin Antognelli. Pour que les hommes réalisent leur exploit, un bateau chinois écope d’une pénalité de 60 secondes à 300 mètres de la ligne d’arrivée. C’est dans ces derniers mètres que les licenciés de la SNM réalisent qu’ils vont repartir avec de l’argent qui, à leurs yeux, vaut tout l’or du monde.
Unis pour ramer
Une question s’impose : qu’est-ce qui a fait la différence ? À cette interrogation, l’expérimenté Monégasque répond du tac au tac : “L’unité.” Car oui, cet équipage n’est pas nouveau : “Avec Ludovic, on a appris à ramer ensemble quand on avait 14 ans. Ce sont des gens avec qui on a partagé énormément de choses, et c’est merveilleux d’être avec eux à cet endroit et à ce moment-là.” Si les quatre rameurs sont basés sur la Côte d’Azur, Paul Mosser travaille aujourd’hui pour la fédération belge d’aviron. Quelques ajustements ont été mis en place pour que les quatre compères puissent ramer ensemble : “Pendant l’été, on s’est organisés pour se retrouver et faire des petits stages d’entraînement quand Paul pouvait négocier le télétravail. On a pu se retrouver à ces moments-là et réussir à organiser des regroupements certains week-ends. Sinon, c’était du travail de fond, un peu chacun dans son coin.” Mission accomplie pour les masculins !
À une longueur du podium
De son côté, Gaia Chiavini, engagée en solo féminin, n’est pas passée loin de ramener une deuxième médaille à la délégation monégasque. Elle franchit la ligne en quatrième position. Quentin revient sur la performance de sa compatriote : “Je suis quand même un petit peu déçu qu’on ne reparte pas tous avec une médaille. Pendant pas mal de temps, je mettais plus d’espoir sur Gaia pour faire une médaille que sur nous. (Rires) Jusqu’à tard dans sa course, Gaia a eu deux ou trois petits soucis de direction et je pense qu’elle manque encore un peu d’expérience en mer pour s’en sortir en solo au niveau mondial. Mais une quatrième place, ça reste quand même très honorable. Et nous, on est contents de l’avoir accompagnée comme teneurs de bateau et un peu comme coachs autour de la régate.” Prochain rendez-vous pour l’aviron monégasque : le Challenge Prince Albert II, le 28 novembre prochain, avec “Élodie Ravera, trois fois finaliste olympique pour la France, qui a récemment signé au club. On espère qu’elle pourra être là, car maintenant, elle est souvent engagée en Hyrox. On complétera l’équipe avec Gaia Chiavini et Federico Garibaldi (huit médailles mondiales dont trois titres en aviron de mer en 2013, 2014 et 2019), qui ne pouvaient pas être avec nous pour les Mondiaux, mais qui seront bien là pour le Challenge”.
Lisa Rohel






























