A chaque numéro, Code Sport Monaco vous propose de découvrir les athlètes de la Principauté sous un autre angle. Houleye Deme, capitaine de Monaco United (5e division), s’est prêtée à l’exercice du « Qui es-tu ? »
■ TON PREMIER SPORT ?
Le basket. J’ai commencé à 11 ans en suivant des copines. J’aime toujours ce sport que j’ai pratiqué pendant trois ans, dont une année en parallèle du foot. A partir de la quatrième, c’est devenu compliqué de cumuler les deux et j’ai choisi le foot.
■ POURQUOI LE FOOTBALL ?
Mon groupe de copines, toujours ! (Elle sourit.) La popularité du football féminin n’était pas celle d’aujourd’hui, il y avait relativement peu de joueuses. Dans mon premier club en Normandie, l’US Tréfileries, trois entraîneures, Karima Djouadi, Aissata Sarr et Maymouna Ba, m’ont incitée à persévérer dans cette discipline. J’ai bien bien fait de les écouter.
■ TON PREMIER SOUVENIR ?
Le titre de championnes U15 décroché dès ma première année de pratique. On mettait des raclées à tout le monde chaque week-end, mais notre sacre était assez inattendu vu notre expérience relative dans le football.
■ LE MEILLEUR ?
La montée en D2 avec Le Havre à l’issue de la saison 2017-18. J’avais rejoint le HAC l’année précédente grâce à Anthony Pommier. Le club avait fait le choix de me conserver tout en recrutant des joueuses américaines assez expérimentées. On avait survolé la saison, puis on avait battu Amiens et Nice dans les matches pour la montée. J’avais 18 ans, je n’avais pas beaucoup joué mais j’avais vraiment eu la sensation d’avoir pris part à cette aventure. Je participais à tous les entraînements de l’équipe première, composée d’excellentes joueuses. Même si j’ai adoré mes saisons au Havre, j’étais frustrée par mon faible temps de jeu et j’ai décidé de rejoindre l’AS Monaco Football Féminin en D3 en 2019.
■ ET LE PIRE ?
La défaite en finale des barrages d’accession en D2 contre Toulouse en 2022 (match nul 2-2 à l’aller au stade Prince Héréditaire Jacques, défaite 0-1 en Haute-Garonne). C’était frustrant de réaliser une saison parfaite (22 victoires en autant de matches de Championnat, élimination en huitièmes de finale de Coupe de France) et de ne pas la conclure par une montée. Le vestiaire était littéralement dégoûté. On avait beaucoup travaillé pour, finalement, ne pas décrocher la grande récompense au bout.
■ TON GESTE PRÉFÉRÉ ?
Le contrôle-passe. (Rires.) Je suis une joueuse assez technique, mais le poste de défenseuse m’oblige à la sobriété. Plus sérieusement, j’adore le tacle quand il est bien réalisé. Quand je regardais les matches avec mon frère, j’admirais le style de Carles Puyol, le défenseur du FC Barcelone. Sinon, je me suis beaucoup inspirée de Deja Davis, avec laquelle j’ai évolué au Havre et qui porte actuellement les couleurs du Paris FC en Première Ligue. Elle est devenue mon amie et me donne encore de bons conseils. Au Havre, j’étais aussi fan de Martha Thomas, une attaquante qui n’a pas tardé à rallier l’Angleterre (West Ham, Manchester United, Tottenham et dorénavant Liverpool).
■ LE PROJET DE MONACO UNITED ?
En un mot : ambitieux. Ce n’est que du positif. J’ai côtoyé le haut niveau au Havre et nos conditions, ici à Monaco United, s’en rapprochent fortement. J’avais tiré un trait sur le football en quittant l’ASM FF. J’avais changé d’objectifs : je terminais mes études dans le commerce international, je cherchais un métier dans ce domaine tout en m’impliquant dans le milieu de la mode (elle est modèle). Au bout d’un an et demi de césure, un ami m’a parlé de l’intention de Marco Simone de créer un club et m’a connectée à lui. J’étais fermée à l’idée, mais il a su piquer ma curiosité et je ne regrette pas ma décision. Sans Marco, je ne serais pas revenue sur les terrains.
■ TON RITUEL AVANT UN MATCH ?
Je n’en ai pas vraiment. J’essaie de bien dormir la veille d’un match, de prendre un bon petit-déjeuner à base d’avocat, de saumon et d’oeuf, et de me détendre avec un livre ou de la musique.
■ TON STYLE DE MUSIQUE ?
Ma playlist n’a aucun sens ! Je passe de Nina Simone à Edith Piaf, de Ray Charles à Aya Nakamura et à Michael Jackson, mon artiste préféré. Pour le coup, mes goûts sont très variés. J’aime énormément la musique, surtout le blues et le jazz. Si ça peut intéresser quelqu’un, chaque jeudi soir, à 18 heures, un artiste se produit à l’Hôtel de Paris. Voilà, c’est cadeau ! (Rires.)
■ LA PLUS GRANDE RÂLEUSE DE L’ÉQUIPE ?
(Sans hésiter.) Morgane ! C’est une très bonne joueuse, mais si elle perd un match ou une opposition à l’entraînement, t’es foutu, tu vas l’entendre !
■ LE SPORT QUE TU AURAIS AIMÉ PRATIQUER ?
Je ne sais pas si j’aurais pu développer de grandes qualités, mais j’ai essayé le tennis lorsque j’ai mis ma carrière de footballeuse entre parenthèses, et j’ai adoré ! Je m’y suis mise par hasard, en accompagnant à Borfiga (Tennis Club d’Eze) le fils d’une famille pour laquelle je travaillais. J’ai pris une raquette, et on m’a dit que je me débrouillais pas mal.
■ TON MÉTIER ?
Je suis assistante des opérations commerciales à Eurafrique, une filiale du groupe américain Seaboard Overseas and Trading spécialisée dans l’import-export de blé, principalement.
■ ET CELUI QUE TU RÊVERAIS D’EXERCER ?
Personne ne rêve de travailler ! (Rires.) Je me suis posée la question plusieurs fois. Petite, je rêvais de devenir médecin, de sauver des vies, de faire de bonnes actions…
■ TON PLUS GRAND RÊVE ?
Monter en Première Ligue avec Monaco United. J’aurais été l’une des pionnières de ce projet.
■ L’ANECDOTE QUE TU N’AS JAMAIS RÉVÉLÉE ?
Un jour, je devais faire les détections en équipe de Normandie et je me suis rendue compte dans la voiture, en arrivant au stade, que je n’avais pas mes crampons. Ils étaient restés à la maison ! J’ai eu de la chance que Perrine Colombel me prête une paire. La séance s’est bien passée, même si je préférais mes chaussures. Encore merci Perrine !
Propos recueillis par Jérémie Bernigole






























