Laura Trastour et Anne-Charlotte Dimech, infirmières au CHPG, ont terminé 36es de leur premier Rallye Aïcha des Gazelles, le célèbre raid 100% féminin qui se déroule chaque année dans le désert marocain.
n les rencontre dans un café de la place d’Armes, une semaine après leur retour du Maroc. Sourire aux lèvres, encore marquées par le challenge qu’elles ont relevé, Laura Trastour et Anne-Charlotte Dimech, équipage 186, ont les yeux qui s’embuent lorsqu’elles évoquent leur aventure. Il faut dire que rien ne prédestinait les deux infirmières du CHPG qui se sont rencontrées sur les bancs de l’Institut de formation en soins infirmiers (IFSI) à relever un tel challenge ensemble. “J’étais fan de Laura dès le premier jour mais elle me voyait comme une gamine de 18 ans qui n’est jamais sortie de Monaco”, débite de but en blanc Anne-Charlotte Dimech, Italienne et Enfant du Pays. Laura Trastour, Française qui a résidé une décennie en Principauté, se justifie aussitôt sans se départir de son sourire : “Je me suis rendu compte que ce n’était pas du tout l’image qu’elle renvoyait et ça a matché. D’ailleurs, je ne serais partie avec personne d’autre qu’elle au Rallye Aïcha des Gazelles”.
D’UNE BALADE EN BUGGY AUX DUNES DU SAHARA
C’est dans la tête de Laura que germe ce défi en 2023, lors de vacances à Dubaï, où elle découvre le désert lors d’une balade en buggy. A peine rentrée à l’hôtel, elle envoie un message à Anne-Charlotte pour savoir si elle serait partante pour le rallye. « Je préparais mon mariage, j’étais sur une autre planète, j’ai répondu par l’affirmative en pensant qu’elle allait oublier. Les mois passent, elle ne m’en parle plus… jusqu’au brunch du mariage où elle relance l’idée ! » rappelle Anne-Charlotte Dimech. Une parole est une parole. Mais avant même le rallye, c’est une autre course qui se prépare en coulisses : celle de la recherche de sponsors. “On ne se rend pas compte de l’énergie que ça va demander, de ce que cela implique. Pour un oui, ce sont 70 non derrière”, concède Laura Trastour. Et c’est dans le cadre de son travail qu’elle fait la connaissance de celui qui sera leur plus gros donateur, le cabinet Gordon S. Blair. “Il nous a financé les deux tiers du projet et s’est investi jusqu’au jour du départ”, précisent les deux amies. Il y a eu aussi la Société des Bains de Mer. “Stéphane Valeri sponsorise de manière régulière des équipages. Il a d’autant plus accepté que l’on soutient la Fondation Flavien dont il est le parrain”, ajoutent-elles.
MINIMUM 10 H PAR JOUR DANS LA VOITURE
Le Jour J arrive enfin. C’est le départ pour l’équipage 186 qui a choisi la divinité romaine Adéona pour le représenter : “La symbolique est sympa, c’est le voyage, le retour à la maison, on s’est dit que ça nous porterait chance.” Laura est au volant, Anne-Charlotte est copilote. Pendant dix jours, elles enchaînent un prologue, huit étapes dont deux marathons de 48 h. “On était dans la voiture à 6 h 45, minimum 10 h par jour, et on parcourait entre 100 et 150 km”, résument-elles. Avec en tout et pour tout une carte, une boussole et le désert à perte de vue. Est-ce que leur amitié a été mise à rude épreuve ? Certainement, mais les jeunes femmes assurent ne s’être jamais disputées. “La vraie force que l’on a eue, c’est notre complémentarité”, confie Anne-Charlotte Dimech. Si après une étape de rallye, elles observent certains équipages dîner séparément au bivouac, les deux infirmières ne se quittent pas d’une semelle. Littéralement. “On s’est rendu compte que les binômes avaient soit pris une tente chacune ou des tentes trois places… Nous avions opté pour une tente deux places, du coup, on a dormi collé-serré pendant dix jours” s’amusent-elles.
BIENTÔT PÉKIN EXPRESS ?
Elles passent enfin la ligne d’arrivée pour se classer 36es au général, mais surtout 10es parmi les premières participations. “On était parti pour faire cette aventure toutes les deux, pour se dépasser, découvrir plein de choses et renforcer notre amitié”, assurent les deux amies. Mission accomplie. “C’est la meilleure expérience de ma vie. Je suis contente de l’avoir fait et je ne regrette pas une seule seconde”, reconnaît Anne- Charlotte. Et Laura renchérit : “C’est difficile à expliquer à quelqu’un qui ne l’a pas vécu, car il aura forcément du mal à comprendre. Il y a un avant et un après-rallye, c’est une certitude”. Si elles ont d’ores et déjà évoqué d’autres défis, comme Pékin Express, les deux adeptes d’Hyrox et de course à pied ont couru, ensemble, le 10 kilomètres de Menton le 24 mai dernier.
Délia Kriel






























