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Le Green Shift Festival a ajouté une note sportive inédite à sa programmation 2026, du 9 au 11 avril au Yacht Club de Monaco, avec la présence de nombreux athlètes engagés venus partager leurs expériences inspirantes.Le Green Shift Festival a ajouté une note sportive inédite à sa programmation 2026, du 9 au 11 avril au Yacht Club de Monaco, avec la présence de nombreux athlètes engagés venus partager leurs expériences inspirantes.

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ECO-SPORT – Quand des athlètes prennent le relais au Green Shift Festival

La 4e édition du Green Shift Festival s’est tenue du 9 au 11 avril au Yacht Club de Monaco. Pour la première fois, le sport y a trouvé sa place. Plusieurs athlètes engagés sont venus partager leur expérience.

Comme un symbole de renouveau, le Green Shift Festival s’est déroulé cette année au début du printemps. « On s’est dit que c’était un moment opportun de parler d’écologie de manière plus inspirante », souligne Nadège Massé, directrice de la communication de la Fondation Prince Albert II, à l’origine de l’événement. La formule est restée fidèle à elle-même : séances de bien-être proposées par la Kate Powers Foundation, espace librairie avec dédicaces et surtout, trois soirées de rencontres avec des invités venus d’horizons variés. L’une d’elles était consacrée au sport. « Nous avons invité nos athlètes engagés pour partager des histoires inspirantes qui donnent envie de se mettre en mouvement », résume Nadège Massé. Un axe inédit que les organisateurs entendent développer pour les prochaines éditions. « On a envie de parler d’écologie de manière positive et le sport joue ce rôle. Il fédère, déclenche des émotions, fait vibrer », insiste-t-elle. Chaque sportif a embarqué le public à sa manière. « Si l’on parle au coeur, la tête retient les messages environnementaux », assure Nadège Massé. Nous en avons rencontré deux : Flora Artzner et Younès Nezar.

« IL N’Y A PAS BESOIN D’ALLER AU BOUT DU MONDE POUR PRATIQUER »

Championne du monde de wingfoil en 2022, Flora Artzner évolue dans une discipline à la croisée de la planche à voile et du kitesurf. « C’est plus facile que la première et moins dangereux que le second », résume-t-elle. Praticable en mer, sur les lacs ou les rivières, ce sport connaît un essor rapide grâce à son accessibilité. « Je suis ingénieure agronome et j’ai longtemps travaillé en centre de recherche. En faisant du sport de haut niveau en milieu naturel, je me suis rendu compte qu’il n’y avait pas vraiment de réflexion pour le préserver. Il y avait une dissonance », reconnaît la jeune femme. Originaire de Hyères, multi médaillée sur la scène internationale, Flora Artzner choisit alors de mettre sa notoriété au service de l’environnement. Elle crée la Roca Cup, une compétition pensée autrement avec de nouveaux formats : border cross wingfoil, freestyle synchro, descente, relais mixte… « L’idée est de prendre du plaisir avec des disciplines qui n’existaient pas. C’est spectaculaire pour le public comme pour les riders », précise-t-elle. Mais la manifestation se veut aussi exemplaire sur le plan écologique. « Une fois sur place, il y a une vraie réflexion pour faire un événement le moins impactant possible, avec des associations environnementales présentes », ajoute Flora Artzner. La Roca Cup se tenant tous les deux ans, la prochaine édition aura lieu en 2027. L’athlète a également lancé Athletes for Sciences, une initiative destinée à donner davantage de visibilité aux chercheurs, comme elle l’indique : « Le but est de prêter notre voix à des scientifiques pour médiatiser leur cause. » Autre combat : limiter les déplacements inutiles dans sa discipline. « On sous-estime le potentiel énorme de notre pays pour pratiquer le wingfoil. Il n’y a pas besoin d’aller au bout du monde pour pratiquer », confirme Flora Artzner. Toujours dans cette logique, elle mène actuellement un travail sur la signature acoustique du foil dont on ignore aujourd’hui comment « il est perçu par la faune marine »…

« IL S’AGIT D’UN MARATHON, PAS D’UN SPRINT »

Ancien judoka reconverti dans le sprint pendant la période Covid, ingénieur de formation et créateur de contenus, Younès Nezar découvre Monaco à l’occasion du festival. Il y a d’abord animé un atelier sport-climat auprès des élèves du lycée Albert-Ier. Aujourd’hui dans le top 20 français sur 100 mètres, il explique que sa réflexion écologique est née de son parcours professionnel dans la santé. « J’ai compris que la santé de la planète et la nôtre étaient liées », confie-t-il sans ambages. De cette prise de conscience est né le collectif des climato-sportifs, clin d’oeil assumé aux climatosceptiques. Son principe : proposer une charte d’engagement aux athlètes, avec des gestes concrets comme limiter la consommation de viande ou privilégier certains modes de transport. Ils sont désormais 130, amateurs comme professionnels. « On organise des ateliers de sensibilisation sur les événements sportifs avec notre manchette aux couleurs du réchauffement climatique. Notre rêve, c’est d’avoir tous les sports olympiques représentés », révèle Younès Nezar. Le sprinteur observe que certains sportifs sont plus directement confrontés aux effets du changement climatique : « Les sports de pleine nature voient immédiatement les conséquences. Dans les sports urbains, c’est plus insidieux, comme la pollution de l’air, invisible mais bien réelle. » Interrogé sur la place du sport en Principauté, il souligne son omniprésence. « Il fait partie intégrante de la culture monégasque. Entre l’athlétisme, le sport automobile ou le Rolex Monte-Carlo Masters, le sport rythme le calendrier du pays », analyse-t-il. Lors de son intervention, l’athlète a aussi évoqué la résilience, qu’il considère comme le point commun entre sport et écologie. « Je m’entraîne deux ans pour gagner deux dixièmes de seconde. En écologie, c’est pareil : beaucoup d’efforts, mais deux dixièmes de degré, ce sont des millions de vies sauvées », insiste Younès Nezar. Optimiste, il conclut avec un adage qui résume parfaitement son engagement : « J’ai tendance à voir le verre à moitié plein. Pour durer, il faut garder une bonne mentalité. Il s’agit d’un marathon, pas d’un sprint. » La formule est d’autant plus marquante qu’elle est prononcée par… un sprinteur ! 

Délia Kriel

Publié le 12 Avr. 12:58

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