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Code Sport Monaco a suivi des élèves-agents de la 56e promotion de l'école de police de la Sûreté publique lors d'une séance sportive le 22 avril. Au programme : du cardio, de la technique, de la maîtrise de soi… et beaucoup de sueur !Code Sport Monaco a suivi des élèves-agents de la 56e promotion de l’école de police de la Sûreté publique lors d’une séance sportive le 22 avril. Au programme : du cardio, de la technique, de la maîtrise de soi… et beaucoup de sueur !

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POLICE – Reportage au sein de l’école de la Sûreté publique de Monaco

Code Sport Monaco a suivi des élèves-agents de la 56e promotion de l’école de police de la Sûreté publique lors d’une séance sportive le 22 avril. Au programme : du cardio, de la technique, de la maîtrise de soi… et beaucoup de sueur !

« Suivez la musique. C’est comme la danse, c’est une chorégraphie à retenir : bam, bam, bam ! » La comparaison fait sourire. Mais à la Blackout-Academy ce matin du 22 avril, personne ne rigole vraiment. Cela fait vingt minutes qu’une dizaine d’élèves-agents de l’école de police de la Sûreté publique (EPSP) tournent sur les ateliers, et les visages ont déjà viré au rouge. L’un d’eux frappe en cadence sur le sac de boxe, droite, gauche, droite, gauche, les mitaines claquant au rythme du morceau techno qui sort de l’enceinte à plein volume. A trois mètres de là, une autre enchaîne les wall balls, six kilos projetés contre le mur, vingt répétitions, les bras qui brûlent, les quadriceps qui sifflent. Plus loin, les mannequins volent dans les airs et tombent avec fracas au sol. Ici, la sueur coule vite et à flot. Le Brigadier Yoann Suau est au coeur de l’action. Le policier formateur aux techniques et à la sécurité en intervention (FTSI), dix-huit ans d’ancienneté à la Sûreté publique et cinq titres en judo pour Monaco aux Jeux des petits Etats d’Europe, encourage ses élèves. Il corrige, distille des conseils. Et il participe, aussi. « Nous prônons le commandement par l’exemple : si, à notre âge, nous tenons la distance, alors les plus jeunes n’ont aucune raison de flancher. » 

L’EXIGENCE MONÉGASQUE 

Inutile de ménager le suspense : personne ne jettera l’éponge en cours de séance. Il faut dire que les élèves-agents ont l’habitude des réveils sportifs : depuis la rentrée en septembre, ils vivent ce genre de matinée deux fois par semaine, le mercredi et le vendredi de 8 h à 12 h. Quatre heures découpées en deux blocs distincts : une heure de préparation physique opérationnelle du policier, abrégée en PPOP, suivie de trois heures de technique de défense et d’interpellation (TDI). Ce rythme court de septembre à juin, avec un cycle natation qui s’intercale chaque hiver, de novembre à février, les vendredis matins étant alors réservés à la piscine pour travailler la nage et le sauvetage aquatique. « Il y a quasi obligatoirement un footing par semaine, complète le Brigadier Suau. Parce que c’est le sport de base, qu’il développe l’endurance, le rythme cardiaque constant et la cohésion de groupe. » Mais ces footings ne sont pas de simples tours de quartier. Les formateurs y intègrent de la topographie, histoire de faire découvrir aux futurs agents les rues, les bâtiments et les repères d’une ville qu’ils devront connaître par coeur en juillet, lorsqu’ils entameront leur stage de quatorze mois en unités, dernière étape avant la titularisation. A la Sûreté publique, le sport se veut au service de l’opérationnel. Aujourd’hui, pas de running. Le Brigadier Suau a opté pour un circuit d’ateliers pour lancer la séance. Il y a, pêle-mêle, de la corde à sauter, du bike, du rameur, des tractions et des pompes, du wall ball, mais aussi du travail au sac. Les groupes tournent toutes les quatre minutes. L’instructeur passe de l’un à l’autre. « Pour le shadow, je me déplace, bras, jambes, gauche, droit, uppercut », répète-t-il en montrant l’exemple. Ces exercices, dit-il, sont censés préparer à tout type de situation. « A Monaco plus qu’ailleurs, être policier demande une résistance musculaire et physique, poursuit le Brigadier. Il y a des postes en point fixe qui exigent de rester debout, ce qui nécessite du gainage et une certaine endurance musculaire. Et pour les gros services d’ordre, comme les soirs de matches au stade Louis-II, il faut répondre présent. » 

SELF-DÉFENSE ET SELF-CONTRÔLE 

A 9 h 30, les ateliers s’arrêtent. Les corps soufflent. Pas pour bien longtemps. Place à la TDI*. Les binômes se forment, un joue le policier, l’autre l’interpellé. Les élèves-agents alternent les rôles, les résistances, les gabarits. Ce matin, on travaille le contrôle au sol, la récupération de main pour le menottage quand l’individu se débat, le dégagement quand on se retrouve en mauvaise posture… « On passe en revue toutes les techniques de base », commente sobrement Clara Ferraris. La jeune femme a intégré la promotion avec un bagage solide : athlète confirmée, elle a déjà pratiqué des sports de combat. Mais elle insiste sur un point : les formateurs s’adaptent au niveau de chacun. « Les séances montent en intensité au fil de l’année. Nous en sortons toujours essoufflés, mais c’est de la bonne fatigue ! » A côté d’elle, Théo Jadaud acquiesce. Poloïste, il était néophyte dans le domaine quand il s’est présenté aux épreuves sportives d’admissibilité – 1 000 m de course à pied, 50 m de nage libre et un parcours d’évaluation des capacités physiques pour compléter le concours écrit et l’oral. Après sept mois de formation, il enchaîne désormais les techniques d’interpellation avec fluidité. « Au début, on avait l’appréhension de mal faire, mais les instructeurs nous ont appris à maîtriser notre corps et celui des autres. Les mouvements deviennent naturels. » Et avec eux, une certaine maîtrise de soi, pour mieux contrôler ses émotions. Ce naturel s’est construit dans la répétition, mais jamais dans la routine. Les élèves-agents ne connaissent pas à l’avance le programme des séances, et celui-ci est toujours différent. « Pour éviter la monotonie, et surtout pour qu’ils comprennent qu’on peut prendre du plaisir en faisant du sport », argumente le formateur, qui explique la graduation de l’intensité : « Dès la rentrée, un test de Cooper** permet de mesurer le niveau de chacun et de composer des groupes homogènes. Les élèves en refont un autre en décembre pour jauger leur progression, puis un dernier en fin d’année. En février, ils ont passé un test de natation et dans les prochaines semaines, ils seront également évalués sur la maîtrise d’un individu dangereux, et aussi sur leur résistance musculaire. » Un test type crossfit consistant à réaliser dix tractions, vingt pompes et trente secondes de gainage pour trente secondes de repos, chaque tour rapportant deux points : « Ils ont toute l’année pour préparer ce test. Il n’y a aucune surprise, nous demandons des gestes simples qu’ils peuvent reproduire partout, à tout moment, lors de leur repos ou à la fin de leur vacation. » Le Brigadier Suau insiste : « Toutes ces épreuves leur seront utiles s’ils souhaitent passer des grades ou intégrer des unités telles que la police maritime ou le groupe d’intervention. Elles développent la condition physique complète du policier monégasque, qui doit être endurant, résistant et aquatique. »

EFFET SOCIÉTAL

« Avoir une bonne condition physique est essentiel dans l’exercice de nos fonctions. Nous devons être capables d’intervenir à tout moment, et si nous ne sommes pas en capacité de le faire, nous manquons à notre devoir envers la population », estime Clara Ferraris, qui a repris un abonnement à la salle de sport pour compléter sa formation. Elle assure aussi qu’elle continuera à s’entraîner après la titularisation. « Depuis une dizaine d’années, on constate une évolution positive de la pratique sportive dans la société, qui se répercute dans notre recrutement. La plupart des jeunes souhaitant intégrer la Sûreté publique ont compris que le métier de policier exigeait énormément d’efforts et demandait donc un entretien permanent. Je m’en rends compte en allant à la salle de sport durant les temps de repos, où nous sommes de plus en plus nombreux. » Il est 11 h passées. Les élèves-agents concluent la séance dans un silence relatif par des étirements, avant d’observer un temps de repos dans la pénombre. Ce week-end, ils assureront la sécurité du Grand Prix de Monaco Historique, des journées de treize heures en uniforme. Leur instructeur l’avait en tête depuis le début de la matinée : « On a fait une bonne séance. Le but n’était pas de les exténuer, mais de les préparer à des situations qu’ils rencontreront tout au long de leur carrière, et peut-être même dès samedi. » À la Blackout-Academy, la sueur avait déjà un goût de réel. 

J.B.

Publié le 26 Avr. 12:49

Code Sport Monaco
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